Au départ, il y avait ici de la garrigue et quelques rangs de vigne. Gérard Bru a tout imaginé, du vignoble à l'emblème. Même le château vient d'ailleurs : c'est l'ancienne préfecture de Montpellier.

LES ORIGINES
Tout était à créer
LES DATES
Des années 70 à aujourd'hui
Gérard Bru, alors industriel, rachète une à une les parcelles qui entourent la petite vigne de sa grand-mère.

Une centaine d'hectares d'un seul tenant sont réunis, entre vignes et garrigue, puis plantés.

Première récolte sous l'étiquette Puech-Haut. Jusque-là, les raisins partaient à la cave coopérative du village.

Les premiers Bib'Art sortent : des fontaines à vin en forme de fût, habillées par l'œuvre d'un artiste.

Le Domaine de Theyron est certifié en agriculture raisonnée.

Puech-Haut reprend le Château Lavabre, l'année où le Pic Saint-Loup devient une AOP à part entière.

Il fallait tout créer : les vins, les cuvées, le nom du domaine, le logo, l'emblème.Arnaud Demongeot
EN IMAGES
Le domaine au fil du temps
Le château remonté pierre par pierre, la tête de bélier exposée au caveau, les chais, et les vignes de Saint-Drézéry posées sur leurs galets roulés.

LE RÉCIT
L'histoire en détail
Une petite vigne familiale, un industriel qui revient au pays, et un demi-siècle plus tard, 165 hectares de vignes, un château et un bélier connu bien au-delà du Languedoc.Un nom qui vient de la colline. En occitan, un puech, c'est un mont. Le domaine est posé sur l'un des points les plus hauts du secteur de Saint-Drézéry, et le nom s'est imposé de lui-même. Autour, de la garrigue, des oliviers sauvages et ces galets roulés, ronds et clairs, déposés par le Rhône au quaternaire.
La vigne de la grand-mère. Tout part d'une toute petite parcelle qui appartenait à la grand-mère de Gérard Bru. La vigne, il la connaît depuis l'enfance : son grand-père l'y a initié, et son père était intendant de l'École nationale supérieure d'agronomie de Montpellier. Chez les Bru, on est vignerons depuis 1605, entre l'Aude et l'Hérault.
Un industriel qui revient à la terre. Gérard Bru a d'abord fait carrière loin des vignes, dans les transformateurs électriques. Il a créé, vendu et monté des usines dans le monde entier, notamment pour Alstom et General Electric. Dans les années 70, l'idée d'un domaine viticole ne le quitte plus. Il rachète les terres autour de la parcelle familiale, une à une, vigne et garrigue mêlées. À la fin des années 80, il a réuni une centaine d'hectares d'un seul tenant.
Les années coopérative. Les vignes sont plantées, grandissent, donnent leurs premiers raisins. Pendant ce temps, la récolte part à la cave coopérative de Saint-Drézéry. Il faut attendre 1994 pour voir la première récolte sous l'étiquette Puech-Haut.
Tout construire. Chais et caveau restent à bâtir. Gérard Bru commence par la cuverie inox, puis vient le chai à barriques, puis le chai béton. Pour le château, il choisit une solution peu commune : l'ancienne préfecture de Montpellier est démontée pierre par pierre, transportée jusqu'à Saint-Drézéry et remontée au milieu des vignes.
Le bélier sorti de terre. Pendant les travaux, une tête de bélier en pierre d'époque romaine apparaît dans la terre du domaine. Il fallait un emblème : elle s'impose. Exposée aujourd'hui au caveau, elle a donné son nom à la cuvée Tête de Bélier et son visage à toute la maison.
Se faire connaître par la beauté. Gérard Bru arrive dans le vin avec un regard d'industriel et de créatif. Il mise sur l'objet : une bouteille à la forme reconnaissable, satinée par un bain d'acide pour lui donner son aspect givré, et un bouchon en verre, dont Puech-Haut a été parmi les premiers utilisateurs en France. La presse s'y intéresse, les grandes tables suivent. Une surprise est venue en plus, que personne n'avait prévue : dans beaucoup de restaurants, les bouteilles vides servent encore de carafes à eau.
L'art au domaine. Les artistes sont arrivés tôt. Plus de 160 d'entre eux ont peint une barrique du domaine, et la collection est exposée au chai. En 2007 naissent les Bib'Art, des fontaines à vin en forme de fût habillées par la reproduction d'une œuvre : près de 200 modèles depuis, de Robert Combas à Chantal Thomass. Près du château, la Barrik'Art, barrique géante de 12 mètres de long sur 6 mètres de haut, sert de repère aux visiteurs.
Quatre domaines. Puech-Haut s'agrandit avec le Domaine de Theyron, une quinzaine d'hectares à une dizaine de kilomètres du château, puis le Château Lavabre en 2017, en Pic Saint-Loup, avec le Clos du Pic, dessiné par l'architecte Rudy Ricciotti. Les vignes couvrent aujourd'hui environ 165 hectares, toutes conduites en agriculture raisonnée.
Le relais. En 2004, Gérard Bru rencontre Arnaud Demongeot, sommelier devenu distributeur, qui va porter les vins de Puech-Haut pendant vingt ans. Gérard Bru lui demande à trois reprises de venir diriger la maison. La troisième fois est la bonne : depuis septembre 2024, Arnaud Demongeot est à la tête du domaine, et Gérard Bru s'est retiré de l'opérationnel.
À DÉCOUVRIR
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La région de Saint-Drézéry, l'équipe qui fait vivre le domaine aujourd'hui, et les terroirs où poussent ses vignes.



















