Arrivée du Rhône au fil des ans, la Marsanne a rejoint la Syrah et le Grenache plantés à l'origine. Avec la Roussanne, elle forme le duo des blancs du domaine.
Un village de la Drôme porte le même nom que ce cépage blanc. La Marsanne vient de la vallée du Rhône septentrionale, c'est-à-dire de sa partie nord, où elle est le cépage majeur des blancs de l'Hermitage. Elle s'est diffusée dans le Rhône méridional et en Languedoc, presque toujours assemblée à la Roussanne. Leur duo est une tradition du Rhône, des blancs de l'Hermitage à ceux du Languedoc.
Jeune, la Marsanne offre des arômes d'amande, de poire et de fleur d'acacia, dans un vin ample et rond. Ce gras en bouche, cette sensation de volume, est sa marque. Elle vieillit bien et évolue avec le temps vers le miel et la cire d'abeille. Dans un assemblage, elle donne le volume, quand la Roussanne apporte la finesse.
Les cépages blancs occupent environ un quart des vignes du domaine à Saint-Drézéry. La Marsanne y côtoie la Roussanne, le Muscat et le Viognier, sur des sols argilo-calcaires couverts de galets roulés. Ces cépages rhodaniens ont rejoint peu à peu la Syrah et le Grenache plantés à l'origine. Les vignes sont conduites en agriculture raisonnée : les sols sont travaillés mécaniquement, une part d'herbe est conservée pour garder un sol vivant, et un troupeau de quatre-vingts moutons y remplace le désherbage une partie de l'année.
On la retrouve dans deux blancs. Le Prestige blanc, cœur de gamme, assemble Marsanne et Roussanne : un vin brillant et doré, rond et aromatique, aux notes de fruits à chair blanche. Le Tête de Bélier blanc, version blanche de la cuvée phare, offre une robe dorée et des notes de fumé, de fruits à chair jaune, de miel et de pain d'épices. Dans l'un comme dans l'autre, elle apporte la rondeur et le gras. L'Argali blanc, présenté plus haut avec le Tête de Bélier blanc, complète la sélection des blancs de Puech-Haut.
Ces blancs accompagnent les crustacés, les poissons en sauce, les volailles à la crème et les risottos. Ils se servent frais. Jeunes, ils se goûtent sur leur rondeur et leur fruit ; quelques années de garde les emmènent vers le miel et la cire d'abeille.